Caisse d’épargne Teoz : un parfum de vente forcée

Début février 2007, j’ai souhaité rencontrer un conseiller financier à la Caisse d’épargne afin de relever de mon découvert autorisé. Il s’agissait d’une précaution et non d’un besoin de trésorerie. Le conseiller m’informe que la modification de mon contrat initial entraîne l’ouverture d’un compte Teoz, accompagné d’une nouvelle carte bleue.

Après lui avoir fait part de mon appréhension face à ces crédits « reconstituables » ou « permanents » qui facilitent dangereusement l’endettement de milliers de familles en France, le conseiller m’a affirmé que l’ouverture d’un crédit Teoz était désormais liée à toute ouverture ou modification de compte. Ce crédit est fourni avec une carte bleue qui facilite au possible les retraits et les achats.

J’ai donc signé le contrat modifiant mon compte puisque j’étais demandeur pour un relèvement du découvert autorisé. Mais j’ai aussi signé pour une demande de crédit Teoz en plus.

Certes, je suis un grand garçon et devais lire les papiers moi même. Sauf que ce jour là, je pensais que l’entretien n’allait durer que 30 minutes et j’étais en retard pour un autre rendez-vous au moment de la signature.

Bon de rétractation et « pas de chance »

La loi prévoit qu’un bon de rétractation soit fourni avec le contrat. Il permet au signataire d’annuler la demande de crédit moyennant l’envoi du bon de rétractation en recommandé AR dans un délai de 7 jours. Sauf que je ne pouvais prendre les documents signés ce jour là et j’ai demandé au conseiller de les envoyer chez moi. Or le courrier des agences de Paris est centralisé à la CNCE du Louvre et mon dossier a été posté 6 jours après la signature. S’ajoute ensuite le délai postal si bien qu’il était trop tard pour me rétracter.

A la réception des documents, j’ai constaté que la modification de la convention de compte ne mentionnait pas le crédit Teoz. Le conseiller a donc menti : l’un et l’autre ne sont pas liés. Et de toute façon, la vente liée coercitive est interdite en France.

Moralité

Ce que l’on apprend dès le plus jeune âge est de ne jamais signer n’importe quoi les yeux fermés. C’est évident… Prenez le temps d’amener les papiers chez vous, de les relire, et de les signer tranquillement à tête reposée.

Ne faites pas une confiance aveugle aux conseillers financiers. Je ne brocarde pas ces derniers qui sont des hommes et des femmes comme les autres. Simplement ils subissent une pression énorme et sont contraints de vendre des produits financiers, même inadaptés, pour tenir les objectifs de leur agence et « faire du chiffre ».

Déjà en 2003, j’avais fini par souscrire un PER en y versant uniquement les frais d’entrée afin d’avoir la paix lorsque je passais à mon agence Caisse d’épargne.

Si les banques comme la Caisse d’épargne veulent retrouver une relation de confiance avec leurs clients, relation de confiance perdue à l’occasion d’incidents comme celui-ci, ils doivent relâcher cette pression commerciale sur leurs conseillers.

Mais que valent la satisfaction des clients et les états d’âme de leurs employés ? Les banques doivent « faire leurs preuves » faces à leurs actionnaires et montrer des résultats sans cesse en constante progression.


Une précision concernant cet article

Un crédit revolving n’est pas dangereux si vous l’utilisez en connaissance de cause, à bon escient, ou si vous ne l’utilisez pas du tout. Il peut même rendre service dans certains cas.

Si vous ne comptez pas l’utiliser, faites donc comme moi : envoyez un recommandé AR à Nantes pour demander la résiliation du contrat.

Enfin, ne vous méprenez pas sur l’article : il ne s’agit pas de dire que Teoz est « une arnaque ». Ce qui pose problème, c’est la façon dont les conseillers le vendent, principalement à cause de la pression commerciale qu’ils subissent. On leur laisse de moins en moins de temps pour connaitre les nouveaux produits. Leurs objectifs portent avant tout sur un volume de vente.

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