Incident à la centrale nucléaire de Forsmark

L’accident n’a pas fait grand bruit en France, mais un court-circuit électrique à l’extérieur de la centrale nucléaire de Forsmark en Suède a failli provoquer une catastrophe le 25 juillet 2006.

Le mardi 25 juillet dernier (date officielle donnée par l’IRSN), un court circuit électrique à l’extérieur de la centrale nucléaire de Forsmark l’isole du réseau électrique national. Par sécurité, le réacteur s’est arrêté automatiquement.

Pourquoi refroidir un réacteur nucléaire qui s’arrête ?

La puissance d’un réacteur nucléaire en fonctionnement est telle qu’elle provoque un dégagement de chaleur résiduel conséquent plusieurs heures après l’arrêt de la réaction. Il faut continuer à le refroidir en permanence.

Pourquoi avoir arrêté le cœur ?

D’après une note d’information de l’IRSN, Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire, en date du 04/08/2006, l’arrêt du réacteur aurait été déclenché suite au court circuit électrique à l’extérieur de la centrale.

Si l’on ne refroidit pas suffisamment ?

Si l’on ne refroidit pas suffisamment, le cœur fond. Heureusement, pour ne pas dire miraculeusement, la structure du coeur du réacteur N°1 de la centrale de Forsmark a tenu.

Il n’y a donc pas eu de syndrome chinois (quand le coeur fond et passe sous les fondations du réacteur, comme cela a failli se produire à Three Miles Island aux Etats-Unis) ni de rejets radio-actifs dans l’atmosphère (Tchernobyl).

L’incident du 25 juillet 2006 à la centrale de Forsmark

Centrale nucléaire de Forsmark
Centrale nucléaire de Forsmark

Jusque là, on restait dans une configuration prévisible. Il ’suffisait’ que les générateurs électriques auxiliaires démarrent pour alimenter les systèmes de sauvegarde du cœur. Sauf qu’une défaillance sur un équipement électrique (un onduleur/redresseur), sans doute endommagé par le court-circuit, a empêché le démarrage de deux des quatre groupes électrogènes prévus en pareil cas.

Toujours d’après la note de l’IRSN, « SKI » [voir la note en bas de page] a conclu que le défaut sur ce système était un défaut de mode commun ». On parle de « défaut de mode commun » lorsque les secours sont susceptibles de présenter tous le même défaut.

« Impossible, non » ou « Non impossible » en France

Impossible bien sûr : nous sommes Français et notre technologie est la meilleure. Pour autant, les Suédois sont réputés être -au moins si c’est possible- aussi sérieux que nous. Si ça leur est arrivé, pourquoi pas chez nous ?

A noter, la filiaire de Forsmark est du type « réacteur à eau bouillante » ou REB. En France, nos réacteurs sont du type « réacteur à eau pressurisée » ou REP : le circuit de refroidissement primaire est confiné dans l’enceinte du réacteur et il n’y a qu’un échange thermique avec le circuit secondaire qui alimente la turbine. Ainsi l’eau du circuit de refroidissement primaire ne sort pas du confinement, réduisant les risques de fuite.

Mais comme on le voit à Forsmark et Three Miles Island, le problème vient souvent d’un refroidissement insuffisant, véritable tendon d’Achille des centrale nucléaires.

Le traitement de l’information en France

Étrangement, cet incident n’a que peu été relayé en France et il fallait, 48H après l’évènement, visiter les sites francophones étrangers pour avoir confirmation de l’affaire. Une visite de Google News suffisait à s’en convaincre. On peut encore le constater sur la page d’accueil des archives (payantes) du quotidien Français « Le monde ». Ils n’en ont parlé que le 06 Août 2006 : Incident « sérieux » dans une centrale nucléaire suédoise.
Il est vrai que cet article revient plus sur la décision d’arrêter trois autres centrales en Suède, mais il n’a été publié que le 06 Août 2006, soit 15 jours après.

Pour aller plus loin :

3 Comments

  1. bon article mais une erreur : un ilotage ne sert pas alimenter des elements de sauvegarde mais à garder une marge de puissance afin de se recoupler au reseau le plus rapidement possible, les elements de sauvegarde ne se mettent pas en service sur un ilotage.

    de plus il n’y a pas eu de syndrome chinois à TMI puisque le coeur fondu est resté dans la cuve. ( coeur fondu à 50%).

    • Bonjour.

      Vous avez raison pour TMI : pas de syndrome chinois, la phrase était mal formulée. Concernant l’ilotage, j’ignorais ce point.

      Merci de ces précisions : j’ai corrigé l’article en retirant le passage pour l’ilotage et j’ai précisé la phrase pour TMI.

      Cordialement,
      Seb.

      • A signaler que pour qi’il y ait dégradation du coeur il faut qu’il y ait dénoyage de celui ci par vidange de la cuve, en l’ occurence par évaporation de l’ eau contenue du fait de la puissance résiduelle du coeur et échappement de la vapeur produite via les soupapes de sûreté primaire.

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